En visite ce 03 février 2026 dans la Commune Rutana de la Province Burunga, des journalistes de la Radio-Télévision Nationale du Burundi (RTNB), accompagnés du responsable communal de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage, Jérôme Nsengimana, ont constaté un état des cultures globalement satisfaisant. Dans la zone Butare, sur les collines de Bugiga, Nyamabuye et Muyombwe, les champs de maïs et de haricot laissent présager une production encourageante.
Selon Jérôme Nsengimana, la culture du maïs se porte relativement bien dans l’ensemble de la Commune, malgré une forte chaleur et une pénurie d’engrais chimique au moment opportun. Il salue les efforts des agriculteurs qui ont su recourir au fumier organique pour fertiliser leurs champs, limitant ainsi les pertes. Il les exhorte toutefois à redoubler d’efforts, en intensifiant à la fois l’agriculture et l’élevage. Ce responsable communal de l’environnement, de l’agriculture et de l’élevage, met également en avant le rôle déterminant des multiplicateurs de semences.
Grâce à leurs champs vitrines, ces agriculteurs modèles forment leurs voisins par l’exemple. En observant leurs pratiques, les membres de la communauté adoptent progressivement des techniques agricoles améliorées, a-t-il précisé. Ces multiplicateurs contribuent par ailleurs à l’économie locale : ils participent à l’augmentation de la production de semences, paient taxes et impôts qui alimentent la caisse communale, et créent des emplois journaliers, réduisant ainsi le chômage.
Face aux effets du changement climatique, Jérôme Nsengimana appelle la population à lutter contre l’érosion en traçant des courbes de niveau et en procédant au reboisement des collines, afin de favoriser une meilleure rétention des eaux de pluie. Il rassure également les agriculteurs au sujet de la pénurie d’engrais : après un recensement des tickets et des superficies cultivées, l’État prévoit de distribuer l’engrais en fonction des besoins réels.
La distribution devrait débuter dans un délai d’une semaine. Il invite enfin les agriculteurs à poursuivre les pratiques agricoles modernes, et demande aux techniciens agricoles des collines (moniteurs agricoles) et des zones (agronomes) d’assurer un suivi régulier des exploitations. En cas de maladies des plantes, les cultivateurs sont encouragés à consulter les « docteurs des plantes » disponibles dans chaque zone. Parmi les figures emblématiques de la zone Butare figure Nkurunziza Jean-Claude, multiplicateur de semences de maïs sur la colline Bugiga. Lancé dans cette activité en 2018 avec trois hectares, il exploite aujourd’hui dix-huit hectares. Son objectif initial était de permettre aux agriculteurs d’accéder à des semences sélectionnées, plus performantes que les variétés traditionnelles souvent peu productives malgré d’importants efforts.
Aujourd’hui, son activité assure la subsistance de sa famille et profite à toute la communauté. Les semences qu’il produit, notamment la variété ZM621 issue de l’ISABU, sont très appréciées pour leur rendement. Il explique utiliser environ 25 kilogrammes de semences par hectare et récolter en moyenne deux tonnes et demie de semences sélectionnées par hectare. L’année dernière, il a produit 45 tonnes de semences.
Malgré ces résultats, Nkurunziza indique qu’il fait face à certains obstacles, notamment l’irrégularité du marché. La saison culturale écoulée a été particulièrement difficile : l’utilisation exclusive de fumier organique, faute d’engrais chimique, combinée aux aléas climatiques, a entraîné une baisse significative de la production. Il plaide pour une mise à disposition rapide des engrais lors de la prochaine saison culturale, et encourage les agriculteurs à adopter massivement les semences améliorées.