ACO-BURUNDI/REFECOM : Célébration de la Journée internationale des droits de la femme, édition 2026, Gitega, du 26 au 27 mars 2026.

Dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la femme, édition 2026, l’Association des Communes du Burundi(ACO-BURUNDI) à travers le Réseau des Femmes Elues Communales(REFECOM) a organisé un atelier de renforcement des capacités sur les droits des femmes.

Cet atelier a réuni essentiellement les femmes administrateurs communaux, quelques autres femmes élues communales, ainsi que les femmes des institutions et organisations partenaires. C’est Madame Rosalie NAHISHAKIYE, Secrétaire Permanent au Ministère de la Justice, des Droits de l’Homme et du Genre qui a procédé à l’ouverture officielle des activités de cet atelier.

Cet atelier s’est déroulé au chef-lieu de la Province Gitega du 26 au 27 mars 2026 sous le thème central : « Le rôle de la femme dans la promotion des droits et de la justice pour tous ». 

Les thématiques développées à cette occasion étaient : :

  1. Rôle des autorités locales dans la mise en œuvre des actions genre prévues dans la vision 2040-2060 ;
  2. Autonomisation économique de la femme au Burundi : Etat des lieux, stratégies et actions en cours (Gouvernement et Partenaires), principaux défis à relever et perspectives ;
  3. Harcèlement sexuel en ligne comme obstacle au développement de la femme ;
  4. La participation politique de la femme : état des lieux, acquis à consolider, défis majeurs ou facteurs limitants, actions stratégiques à court, à moyen et à long terme pour l’amélioration de la situation, les acteurs clés et leurs rôles respectifs ; 
  5. Réflexion sur le système de succession, des libéralités et des régimes matrimoniaux au Burundi : état des lieux, défis et perspectives ;
  6. Témoignages des femmes élues locales dans la défense des droits des femmes à travers la résolution des conflits conjugaux.

Selon l’expert qui a donné cette communication, le rôle des autorités locales dans la mise en œuvre des actions de genre est capital dans la mesure où ce sont elles qui traduisent les politiques nationales en actions concrètes auprès des communautés, surtout à travers les plans communaux de développement communautaire(PCDC). Il peut s’agir d’encourager les femmes à accéder aux postes de décision au niveau local, lutter contre les violences basées sur le genre (VBG), protéger les femmes vulnérables ; faciliter l’accès des femmes aux ressources (terre, crédit), etc. Pour cela, les communes sont appelées à se doter des budgets sensibles au genre

 Quant à l’autonomisation économique de la femme, le consultant qui a développé cette thématique a fait remarquer que les femmes font face aux barrières socioculturelles qui les empêchent d’accéder aux ressources et les contrôler de façon durable. Il propose à cet effet d’accroître les actions d’éducation, de renforcement des capacités et d’encadrement en matière d’entrepreneuriat féminin.

Au sujet de la participation politique de la femme burundaise, l’analyse de la situation fait état d’une faible représentativité des femmes dans les instances de prise de décision, et cela pour plusieurs raisons notamment le faible pouvoir d’achat économique induisant la dépendance économique de la femme, les violences basées sur le genre, le manque de solidarité entre les femmes elles-mêmes, les barrières socioculturelles et bien d’autres.

Pour inverser cette tendance, les actions de redressement devraient être centrées sur la promotion et le renforcement du leadership féminin au sein de la communauté, le renforcement des capacités des femmes et des filles à travers notamment une éducation formelle au niveau de tous les paliers, la réduction de  la dépendance économique des femmes par la promotion de l’entrepreneuriat féminin à travers l’adhésion à des groupements d’épargne et crédit et l’initiation des activités génératrices de revenus ; etc.

Concernant le harcèlement en ligne (connu également sous la dénomination de violence numérique) comme obstacle au développement de la femme, il a été souligné que les violences de ce genre sont commises à travers les technologies de d’information et de communication (téléphones mobiles, réseaux sociaux, messageries de textes, internet) avec comme objectif d’intimider, contrôler, humilier, exploiter ou menacer une femme.

 Les répercussions des violences numériques vont du simple stress à la dépression et à la perte d’estime de soi et même à l’abandon du travail et scolaire. Elles limitent considérablement la participation de la femme à la vie politique et économique dans sa localité.

Au niveau des régimes matrimoniaux, de succession et des libéralités, le Directeur Général en charge de l’Administration du Territoire a indiqué que ce secteur n’a pas encore fait objet de règlementation spécifique. Certes, certains textes comme le Code des Personnes et de la Famille évoquent des aspects comme la communauté ou la séparation des bien pendant le mariage, les autres aspects ne sont pas encore couverts, ce qui limite la protection du conjoint survivant ainsi que les héritiers en cas de décès d’un des conjoints, d’où la nécessité d’un texte spécifique dans ce domaine.

Le droit des successions et des libéralités constitue le seul volet du droit de la famille à n’avoir pas fait l’objet d’une refonte globale. Certes, quelques textes ont aménagé plusieurs aspects de la matière, mais aucune réflexion d’ensemble n’a prospéré à ce jour (code des personnes et de la famille)

Cette séance a également été marquée par des témoignages des femmes élues communales qui ont partagé leur expérience dans la lutte pour les droits des femmes dans les domaines politique, économique, social et bien d’autres.

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